$(document).ready(function(){ chargementmenu(); });

Actualités 2017

Une nouvelle collection Poèmes des Afriques et d'Ailleurs dirigée par Thierry SINDA

Thierry SINDA, journaliste et poète, vient de créer une nouvelle collection poétique Poèmes des Afriques et d'Ailleurs, avec une première parution, le recueil Chant du Black Paname, suivi de Le cocotier irascible de Henri Moucle, Préface de Thierry Sinda, Un poète noir Montmartrois, éditions Delatour France, 2017

Matrice couverture a3 blanc

A coeur ouvert avec Amadou Elimane Kane ; "Nous devons foudroyer toute pensée unique"

Cette interview a été publiée dans le journal Le quotidien du 23 mai 2017 

En voyage en France et en Guadeloupe, à l’occasion du Printemps des Poètes, manifestation consacrée aux Afrique(s), Amadou Elimane Kane, écrivain poète, enseignant et chercheur, éditeur et fondateur de l’Institut Culturel Panafricain et de Recherche de Yene, démarre cette année 2017 sous le signe du dialogue et des rencontres. Auteur hyper actif, mais également éditeur avec la création d’une nouvelle collection pour les éditions Lettres de Renaissances, il revient au Sénégal avec une actualité très riche et toujours à l’œuvre pour entreprendre en faveur de la renaissance culturelle africaine. Arts culture 20170323 kane tirolien

1- Vous venez de publier un nouveau roman Moi, Rokhaya Diop ou la négresse fondamentale qui déplie le temps et un ouvrage pédagogique Enseigner la justice cognitive par la poésie et l’oralité, vous revenez de France et de la Guadeloupe dans le cadre du Printemps des poètes consacré cette année à la poésie africaine et antillaise. Vous avez également, en tant qu’éditeur, créer une nouvelle collection intitulée Baobab consacrée au théâtre africain contemporain. Comment faites-vous pour mener tous ces projets de front ?

Amadou Elimane Kane : Vous savez, je suis très déterminé et je travaille sans cesse. Je crois beaucoup à la valeur travail, sans cela, nous restons dans le superficiel. Et ce n’est pas cela qui m’intéresse. Ce qui me porte, ce sont les projets auxquels je crois et qui doivent proposer une nouvelle vision culturelle panafricaine ancrée dans le travail et dans la justice.

2- Alors justement dans votre ouvrage Enseigner la justice cognitive par la poésie et l’oralité, vous évoquez cette question de « tenir compte de toutes les trajectoires plurielles dans l’enseignement », pouvez-vous nous expliquer ?

Amadou Elimane Kane : Vous savez, je travaille depuis trente ans sur cette question au sein des écoles francophones et par-delà et je crois fortement que c’est une des clés pour rassembler les publics scolaires issus de la diversité. D’un point de vue pédagogique, je propose un dispositif que j’ai créé autour de la lecture, écriture, oralité et citoyenneté en poésie pour transmettre les fondamentaux aux élèves. Mais j’y ajoute le dialogue, le respect des cultures et des trajectoires pour enseigner et dire l’histoire à travers les savoirs qui sont multiples. Je défends l’idée que nous devons avoir un esprit critique et foudroyer toute pensée unique qui ne mène qu’aux barbaries. C’est cela que j’essaie de transmettre aux élèves, aux enseignants, aux responsables pédagogiques, aux inspecteurs que je rencontre dans le cadre de ce travail. Et ces propositions sont reconnues puisque le dispositif a bénéficié d’un grand soutien auprès de l’académie de Paris et celle de la Guadeloupe notamment. Beaucoup d’associations soutiennent également ma démarche, le CIFORDOM, la Fondation SELIGMANN, la Fondation de France, la Mairie de Paris. Tout cela contribue à ma volonté de poursuivre ce combat. Nous avons été invités à l’Hôtel de Ville de Paris pour rendre compte du projet Poésie(s) du monde mené pendant cinq ans avec des écoliers et des collégiens dans le 19ème arrondissement de Paris. Une vidéo sera bientôt disponible sur les réseaux pour faire connaître cette séance de restitution pédagogique qui s’est déroulée en présence de Madame Sophie Fouace, Inspectrice académique- Inspectrice Pédagogique Régionale Etablissement et Vie scolaire qui a, depuis quatre ans maintenant, contribué en personne à la promotion et à la valorisation de mes travaux.

3- Vous vous êtes rendu également en Guadeloupe dans le cadre du 18ème Temps des poètes. Vous y alliez en tant qu’enseignant ou en tant que poète ?

Amadou Elimane Kane : Les deux ! Ah, vous savez, l’académie de la Guadeloupe m’a réservé un accueil exceptionnel. Et j’en suis encore très ému. J’ai été invité d’honneur dans le cadre du centenaire de la naissance de Guy Tirolien, et j’ai vraiment été mis à l’honneur lors de cette magnifique semaine. J’y étais pour présenter ma poésie en tant que lauréat du Prix Fetkann ! Maryse Condé 2016, dans la catégorie Poésie, mention spéciale du jury pour le caractère pédagogique de l’action poétique de l’ensemble de l’œuvre mais également pour parler du dispositif de lecture, écriture, oralité et citoyenneté en poésie car je fais de la recherche théorique et de la recherche appliquée dans le domaine pédagogique. Invité par la Délégation Académique aux Arts et à la Culture de la Guadeloupe, j’y ai rencontré des responsables académiques, des enseignants, des étudiants, des élèves qui ont fait un travail magnifique et remarquable autour de la poésie de Guy Tirolien et de la mienne, c’était des moments intenses qui m’ont marqués profondément. J’ai également donné une formation aux enseignants de l’académie de la Guadeloupe dans le cadre du Parcours d’éducation artistique et culturelle, une formation qui portait sur la lecture, écriture et oralité en poésie.

Avec le soutien de Monsieur Claude Rivier, qui est responsable de la Délégation académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle en Guadeloupe, les rencontres, pour ce que l’on m’a dit, ont rencontré beaucoup d’écho auprès des pédagogues. Je suis très fier et très honoré de cet accueil qui me pousse à renforcer mon engagement pour la justice cognitive par la poésie et l’oralité. Nous avons ensuite partagé un moment fort, celui de la cérémonie en hommage à Guy Tirolien, en présence de sa famille, au collège Nelson Mandela, sur l’île de Marie-Galante. Dans cet espace puissant de rêve, nous avons vécu un moment mémorable où les élèves ont investi la poésie de Guy Tirolien et nous avons, ensemble, célébré sa puissance poétique. Quel moment de partage et de créativité !  J’ai offert un de mes livres à la famille de Guy Tirolien, et il y a eu ce moment inoubliable où nous avons dialogué avec Guy Tirolien, à travers sa poésie, ma poésie, notre poésie.

Je suis allé aussi à la rencontre des étudiants de lettres de 3ème année, mais aussi à l’université Fouillole devant un public mixte de professeurs et d’étudiants, une rencontre placée sous le signe de la poésie, celle de Guy Tirolien, celle des poètes antillais et de la mienne. J’ai été très ému de voir les liens qui nous rassemblent, au-delà du temps, au-delà des kilomètres qui nous séparent, ces espaces inventés par notre histoire commune et notre patrimoine réuni.

Et enfin il ya eu une soirée poétique mémorable au lycée Carnot, instants exceptionnels où j’ai pu rencontrer Madame Guy Tirolien et ses enfants, Alain, Thérèse et Guy Tirolien Junior. J’ai retrouvé mon doyen, le grand poète et romancier Ernest Pépin qui a permis aux Guadeloupéens de connaître Cheikh Anta Diop, il est un exemple d’engagement pour les jeunes panafricains du Sénégal. Mais également le plaisir de voir le grand doyen essayiste Alain Rutil. Et j’ai fait la connaissance de Ronald Selbonne, un grand écrivain qui m’a beaucoup ému, tout comme Max Rippon, le grand poète écrivain qui porte la belle langue, la langue créole et qui m’a fait rêver. J’ai vécu là-bas des moments très forts, uniques dans mon parcours d’écrivain poète, d’enseignant et de chercheur. Je suis très touché, très porté par toutes ces personnes et de ce que j’ai vécu avec elles.

 

4- Parlons maintenant de votre nouveau roman Moi, Rokhaya Diop ou la négresse fondamentale qui déplie le temps. De quoi parle-t-il et pourquoi avez-vous eu envie de raconter cette histoire ?

Amadou Elimane Kane : Vous savez, je fonctionne beaucoup en pensant toujours à la continuité, tout en essayant de proposer une vision nouvelle du monde noir. Ce livre-là est très important pour moi car j’y pense depuis très longtemps. Il fait suite à Moi, Ali Yoro Diop ou la pleine lune initiatique mais, même s’il existe des liens entre les personnages, ce n’est pas véritablement une suite, plutôt une continuité de l’histoire. Le cadre de Moi, Rokhaya Diop ou la négresse fondamentale qui déplie le temps est celui de notre époque contemporaine et future qui raconte le parcours d’une jeune femme noire en France qui, par le travail, les convictions et la ténacité, accède aux plus hautes marches de l’État. Par ce livre, je voulais montrer que tout est possible, si l’on prend la peine de résister. C’est aussi un livre d’espérance pour la jeunesse issue de la diversité qui, en France malheureusement, vit encore de profondes injustices et des discriminations. Je veux dire aussi que si on sait tenir compte des trajectoires de chacun, on peut réorienter la société vers l’harmonie humaine. Vous savez, ce que l’on vit en ce moment, les guerres, les injustices, les barbaries, sont aussi le fruit de cette pensée unique qui sévit en Occident. Et cela doit cesser, c’est ma conviction !

5- Pourquoi avez-vous choisi ce titre Moi, Rokhaya Diop ou la négresse fondamentale qui déplie le temps ?

Amadou Elimane Kane : Vous savez, je suis poète et j’essaie toujours de donner du sens aux symboles, aux noms et aux mots. C’est d’abord dans le but de la continuité avec le précédent roman. Mais c’est aussi pour marquer les esprits, c’est vrai. Pour moi le mot négresse ou nègre fait référence à la pensée d’Aimé Césaire, le nègre fondamental comme André Breton aimait le nommer. Je rends hommage au mouvement de la Négritude qui a beaucoup œuvré pour la reconnaissance de la culture noire. Aimé Césaire est resté tout au long de sa vie un homme de conviction et a conservé, intacts, sa réflexion et son engagement pour la fraternité des peuples et la dignité des siens. J’ai aussi le souci de célébrer les femmes noires du XXIe siècle, toutes les femmes noires qui luttent contre les injustices raciales, les discriminations et toutes les formes d’exclusion, et qui défendent la dignité humaine en Europe, en Afrique, en Asie, aux Antilles, en Amérique. Donc, c’est une fierté et aussi notre patrimoine alors je le porte en bandoulière.

6- On voit aussi dans ce livre que la préface a été rédigée par Ndongo Samba Sylla, qui est écrivain mais aussi chercheur en économie, et la postface par Anne-Marie Marcelli, philosophe et poétesse, pourquoi ces choix ?

Amadou Elimane Kane : Pour plusieurs raisons. J’avais envie d’avoir un double regard, celui d’une femme et celui d’un homme. L’une est française, philosophe et poétesse talentueuse et l’autre est sénégalais et penseur d’un nouveau monde. C’est aussi parce que je suis admiratif de leur travail respectif. Ndongo Samba Sylla est un chercheur en économie d’une grande subtilité et son engagement panafricain est total. Il a d’ailleurs publié un livre remarquable qui s’intitule La démocratie contre la République. L’autre histoire du gouvernement du peuple et ses réflexions me passionnent. Et je voulais aussi que ce soit lui car pour moi il fait partie de la relève, cette génération qui doit porter la continuité et mener par exemple la construction des États-Unis d’Afrique. Ndongo Samba Sylla y est engagé avec d’autres et j’admire leur détermination et leur droiture. De plus, le regard qu’il porte sur l’histoire de Rokhaya Diop est d’une grande justesse et d’une grande intelligence. Le regard d’Anne-Marie Marcelli est philosophique et cette perspective donne aussi à réfléchir d’un autre point de vue. J’aime les contrastes et la différence des opinions pour bousculer les codes et engager une réflexion. Je suis très fier de leurs contributions qui apportent au texte des outils, des idées sur les thématiques du racisme, de l’immigration, des discriminations, de l’importance de l’éducation et du savoir. C’est au fond ce qui m’importe, engager le dialogue à travers l’histoire de personnages que j’invente mais qui prennent une dimension dans le réel. Ce qui peut, peut-être, du moins je l’espère, changer le cours de nos histoires. 

7- En préambule, j’ai évoqué aussi votre travail d’éditeur. Vous venez de créer une nouvelle collection, intitulée Baobab, consacrée au théâtre contemporain. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

Amadou Elimane Kane : Ah, je suis très heureux de cette nouvelle création. Comme nous avions créé, l’année dernière, la collection Paroles Arc-en-ciel consacrée à la poésie, nous avons pensé à valoriser le théâtre contemporain avec cette nouvelle collection Baobab. Le premier titre que nous publions est remarquable et nous en sommes très fiers. Il s’agit d’un texte de théâtre Bal d’Afrique de l’écrivain poète Mamadou Diallo et qui pose, par le truchement de la comédie et de la dramaturgie, un thème très contemporain qui est celui de la vision politique faite de valeurs de justice et de solidarité qui se confronte à la corruption, au népotisme et à l’intérêt particulier. C’est un livre jubilatoire qui provoque les consciences et qui d’un point de vue littéraire et théâtral est très réussi !

8- Donc, en plus de votre travail d’écrivain, d’enseignant, de chercheur, vous dirigez aussi les éditions Lettres de Renaissances. Comment choisissez-vous les auteurs que vous publiez ?

Amadou Elimane Kane : Quand nous avons créé cette maison d’édition, j’avais d’abord le souhait de proposer une vitrine de qualité de la littérature africaine contemporaine mais sans frontière. Nous pouvons aussi publier des auteurs de tous les horizons et dont le travail nous semble pertinent dans le cadre de notre ligne éditoriale. Nous avons peu de moyens et nous proposons aux auteurs de fonctionner comme une coopérative, nous pouvons publier des ouvrages si les auteurs s’engagent à en faire la promotion et la diffusion. Nous le faisons aussi dans un souci de pérennité sans chercher le profit ou les coups littéraires médiatiques. Nous souhaitons publier des livres de qualité qui questionne la société contemporaine tout en s’inscrivant dans l’esthétisme littéraire, l’humanisme et l’universel. Je signale d’ailleurs la parution d’un livre que je veux défendre. C’est un essai littéraire rédigé à quatre mains par Isabelle Chemin qui est professeure documentaliste et rédactrice littéraire et Ndongo Mbaye, écrivain poète et sociologue et qui s’intitule Amadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine, c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille. Il est préfacé par Claude Rivier qui est délégué académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle de la Guadeloupe. Là aussi, j’avais le souhait de faire dialoguer des pensées diverses qui forment un cercle vertueux, celui de la France, du Sénégal et de la Guadeloupe. C’est une analyse littéraire croisée de mon œuvre et je suis très fier de ce livre qui permet aussi de dialoguer autour de la littérature et de nos engagements communs.

9- J’ai oublié de dire que vous êtes aussi le fondateur de l’Institut Culturel Panafricain et de recherche de Yene Todd. Quels sont vos prochains projets dans ce cadre ?

Amadou Elimane Kane : écoutez, on continue le combat. Je veux vraiment que cet espace dédié à l’éducation, à la culture et aux arts devienne un lieu incontournable au Sénégal et sur le continent. J’y travaille activement. Nous avons plusieurs projets de résidences artistiques encore en construction et aussi un projet d’échanges culturels et citoyens avec le département de la Guadeloupe. Ce serait pour moi un essor formidable de pouvoir y associer, de manière pérenne, nos amis et nos frères des Caraïbes. C’est mon plus grand souhait pour 2017 et pour les années à venir.

Moi, Rokhaya Diop ou la négresse fondamentale qui déplie le temps, Amadou Elimane Kane, roman, éditions Lettres de Renaissances, février 2017

Enseigner la justice cognitive par la poésie et l’oralité, Amadou Elimane Kane, pédagogie, éditions Lettres de Renaissances, février 2017

Bal d’Afrique, Mamadou Diallo, théâtre, Collection Baobab, éditions Lettres de Renaissances, avril 2017

Amadou Elimane Kane : réinventer la littérature africaine, c’est bâtir le récit pluriel pour une humanité sans muraille, Isabelle Chemin et Ndongo Mbaye, préface de Claude Rivier, essai littéraire, éditions Lettres de Renaissances, avril 2017

Propos recueillis par Gilles Arsène TCHEDJI

 

 

 

Vidéo Poésies du monde à l'hôtel de Ville de Paris le 9 mars 2017 avec Amadou Elimane Kane

Découvrez le Spectacle musical et poétique par les élèves du collège Charles Péguy et des écoles Bolivar et Lasalle de Paris 19ème avec Amadou Elimane Kane, écrivain poète, accompagnés en danse et en musique par Ali Wagué et Stéphane Mensah

Des rencontres denses de créativité avec Amadou Elimane Kane, invité d’honneur de l’académie de la Guadeloupe

Ce 18ème temps des poètes en Guadeloupe a été un moment dense rempli de créativité et d’émotions sincères. J’ai une profonde reconnaissance pour toutes les personnes qui ont contribué à rendre ces rencontres aussi belles et fécondes.

Nous avons ensemble rencontré les enseignants et les référents culture, en présence de Madame Géraldine Camy, l’Inspectrice académique – Inspectrice pédagogique de Lettres, et j’ai pu conduire la formation Poésie et oralité, avec le soutien de Monsieur Claude Rivier, responsable de la Délégation académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle, ici en Guadeloupe. Cette rencontre, pour ce que l’on m’a dit, a rencontré beaucoup d’écho auprès des pédagogues qui habitent votre académie, et en particulier auprès des professeurs documentalistes. Je suis très fier et très honoré de toutes ces paroles d’encouragement à poursuivre mon engagement pour la justice cognitive par la poésie et l’oralité.

Nous avons ensuite partagé un moment fort, celui de la cérémonie en hommage à Guy Tirolien, en présence de sa famille, au collège Nelson Mandela, sur l’île de Marie-Galante. Dans cet espace puissant de rêve, nous avons vécu un moment mémorable où les élèves ont investi la poésie de Guy Tirolien et nous avons, ensemble, célébré sa puissance poétique. Quel moment de partage et de créativité. J’ai offert un de mes livres à la famille de Guy Tirolien, et il y a eu ce moment inoubliable où nous avons dialogué avec Guy Tirolien, à travers sa poésie, ma poésie, notre poésie. Cette rencontre a été possible grâce à Monsieur Welé, principal du collège Nelson Mandela que je salue fraternellement.

Puis avec Claude Rivier, nous sommes allés à la rencontre des étudiants de lettres de 3ème année, en présence de Laurent Marlin, référent culture, de Thierry Césaire, responsable de l’action culturelle de l’université, d’Odile Hamot, professeure de lettres, et de Stéphane Radjouki, le bibliothécaire universitaire que je salue. J’ai animé une rencontre que j’intitule : « Se raconter, se rencontrer autour de la poésie ». Cet échange de dialogue a été très fort et productif pour notre réflexion poétique.

La rencontre à l’université Fouillole devant un public mixte de professeurs et d’étudiants était placée sous le signe de la poésie, celle de Guy Tirolien, celle des poètes antillais et de la mienne. Mon émotion a été grande de voir les liens qui nous rassemblent au-delà du temps, au-delà des kilomètres qui nous séparent, ces espaces inventés par notre histoire commune et notre patrimoine réuni. 

Dsc08826small

Et enfin une soirée poétique mémorable au lycée Carnot, organisée par l’association des professeurs documentalistes de la Guadeloupe et par Anne-Marie Montantin, avec le soutien de Madame Succab, la Proviseure, instant exceptionnels où j’ai pu rencontrer Madame Guy Tirolien et ses enfants, Alain, Thérèse et Guy Tirolien Junior. J’ai retrouvé mon doyen, le grand poète et romancier Ernest Pépin qui a permis aux Guadeloupéens de connaître Cheikh Anta Diop, il est un exemple d’engagement pour les jeunes panafricains du Sénégal. Mais également le plaisir de voir le grand doyen essayiste Alain Rutil. Et j’ai fait la connaissance de Ronald Selbonne, un grand écrivain qui m’a beaucoup ému, tout comme Max Rippon, le grand poète écrivain qui porte la belle langue, la langue créole et qui m’a fait rêver.

J’ai vécu avec vous tous des moments très forts, uniques dans mon parcours d’écrivain poète, d’enseignant et de chercheur. Je remercie toute l’académie de la Guadeloupe qui m’a mis à l’honneur. Je suis très touché, très porté par tout ce que vous avez mis en œuvre, par tout ce que j’ai vécu avec vous.

J’accorde une mention spéciale à monsieur Claude Rivier qui a fait un travail remarquable d’organisation, et d’accompagnement, il est un homme de culture, je lui tends ma main gauche.

Je félicite les élèves et les enseignants pour tout le travail accompli autour de la poésie de Guy Tirolien, de la poésie antillaise et de ma poésie. C’est extraordinaire ce que l’on peut faire quand on se croise.

Je remercie toute la famille de Guy Tirolien, les éditions Jasor, en la personne de Régine Jasor qui a fait un travail extraordinaire. Je salue également l’organisateur et le président du Prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé en la personne de José Pentoscrope.

Soyez sûrs que je repars en Afrique, en Europe et de par le monde en emportant vos regards et votre fraternité. Encore merci à l’ensemble de l’académie de la Guadeloupe qui m’a fait cet immense honneur. Malgré les mille tragédies que j’habite, les Guadeloupéens ont réussi à me les ôter pour m’ouvrir de nouveau un horizon perlé d’espoir.

Amadou Elimane Kane, écrivain poète, enseignant et chercheur, lauréat du Prix littéraire FETKANN ! Maryse Condé 2016, Mémoire des Pays du Sud - Mémoire de l'Humanité - catégorie Poésie, mention spéciale du jury pour le caractère pédagogique de l'action poétique de l'ensemble de l’œuvre

Aek1

Amadou Elimane Kane : Éthique, culture, éducation et renaissance africaine

Cet article est publié dans le journal Le quotidien du 27 janvier 2017, rubrique Opinions & débats Aek 5

Quand on considère la dynamique de la renaissance africaine, on voit que les leviers fondamentaux sont multiples. La renaissance africaine est une démarche qui propose un ensemble de valeurs en rupture avec les représentations afro-pessimistes. Cette démarche de rupture doit s’accompagner d’une unité africaine avec pour pilier plusieurs articulations qui permettent d’œuvrer pour la renaissance :

  • une unité culturelle avec la réappropriation du patrimoine historique qui soit transmise par le biais de l’école ;
  • une unité économique et monétaire avec une réelle exploitation des richesses naturelles du continent ;
  • une unité politique d’où doivent émerger une véritable démocratie, la défense des droits humains fondamentaux et la lutte contre les corruptions.

Mais ce projet panafricain ne pourra s’accomplir sans l’idée forte selon laquelle chaque africain doit recouvrer une image juste de soi, avec l’estime et la confiance nécessaires à la réhabilitation de ses valeurs humaines, sociales, culturelles et éducationnelles. Cette prise de conscience est un élément fondamental pour comprendre la nature plurielle des enjeux majeurs du XXIe siècle pour le continent africain.

L’ÉTHIQUE, VALEUR DE CHANGEMENT

Cependant, il existe un facteur décisif qui peut assurément mener aux valeurs républicaines qui nous préoccupent, je veux parler de l’éthique face à la responsabilité publique, à la conduite des États et à une gouvernance équitable.

Tout d’abord, qu’est-ce que l’on entend par le terme « éthique » ? Observer une éthique est défini comme une « science de la morale » ou un « art de diriger la conduite ». Dans le domaine médical, il existe une éthique professionnelle, ou « bioéthique », qui permet de mettre au premier plan les objectifs de la recherche, de la médecine, au mépris des intérêts financiers et/ou personnels que représentent les divers lobbyings. Et bien je dirais que l’éthique professionnelle et humaine doit habiter tout l’espace citoyen et républicain du continent africain. C’est une condition nécessaire si l’on veut parvenir au développement, à la croissance réelle, et si l’on souhaite se relever dignement à travers les principes de la renaissance africaine. Ces deux attitudes doivent coexister de manière forte.

L’éthique est une valeur intrinsèque du changement politique, économique, social et culturel que l’on attend. Un professeur possède une éthique face à ses élèves. Il se doit de considérer chaque apprenant en capacité de réfléchir, de progresser, et il doit les respecter dans leur singularité et leur unité. Son principal objectif est d’aider ses élèves à apprendre. Un véritable artiste possède aussi une éthique dans ce qu’il exprime, ce en quoi il croit viscéralement. Il peut faire des compromis, mais pas de compromissions, car il ne doit pas se défaire de sa déontologie au risque de perdre son art, ou son âme. Celui qui céderait, par exemple, à une opération financière où l’art serait secondaire, bafoue la moralité dans laquelle il s’est engagé. Le journaliste possède une éthique qui est celle de transmettre l’information le plus justement possible, et ce au plus grand nombre. S’il s’associe aux puissants des États, s’il accepte de rendre public des évènements maquillés, il viole les valeurs de son métier. Et il en va ainsi naturellement pour tous les domaines professionnels. De la sorte, on voit bien que la plupart des sociétés sont constituées d’une éthique, qui est un ensemble de codes moraux régis par les institutions qui garantissent l’équité et la justice. Il en va de même pour l’exercice politique. L’éthique doit être au centre de tous les programmes politiques, au cœur de toutes les organisations qui forment les États africains, nos régions et nos nations. C’est le cadre moral qui doit prévaloir sur tout autre aspect au sein de nos institutions, et ce au plus haut niveau des responsabilités.

L’INTÉGRITÉ POLITIQUE, PIERRE ANGULAIRE DE LA RENAISSANCE AFRICAINE

L’éthique doit s’inscrire dans le code des valeurs républicaines et ne jamais céder aux enjeux financiers et aux réussites matérielles et personnelles. L’intégrité doit être le premier engagement pour les hommes et pour les femmes qui sont destinés aux plus hautes responsabilités. Au XXIe siècle, il n’est plus acceptable de voir à la tête des États africains, la corruption, le népotisme, l’impunité, et d’agir comme si cela était tout à fait normal. Ces pratiques immorales et injustes sont tellement courantes que l’on n’y prend plus garde ; et cela est grave car elles se banalisent.

Moi, je dis que c’est un fléau qui doit cesser ; c’est une gangrène croissante qui empêche à la fois le développement et la véritable démocratie. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est bâtir les valeurs républicaines africaines et les garantir durablement. Comment est-il possible que certains hommes politiques des pays en voie de développement soient plus riches que les chefs d’États qui exercent en Occident ? Ceci est inacceptable et conduit assurément à la faillite économique et morale.

Il faut construire un pacte vertueux qui assure que :

  • celui qui dirige les affaires publiques s’engage à une conduite honnête et une éthique à toute épreuve ;
  • celui qui a en charge les deniers publics a des comptes à rendre à chaque moment de sa carrière administrative ou politique.

C’est un changement radical qui doit s’opérer dans la conduite des États, et chaque homme, chaque femme, tous les acteurs intègres doivent lutter contre toutes les formes de profits. La moralisation politique doit guider tous les projets de changement. Sans cela, l’échec perdurera et la misère grandira encore. Chacun doit avoir à l’esprit qu’il faut combattre inlassablement ce qui mène à la « banqueroute » : la corruption, le népotisme, l’impunité. Voici les trois grands coupables des États africains et du continent tout entier qui conduisent à l’immobilisme culturel. C’est un des grands défis du XXIe siècle que de bâtir ensemble les piliers républicains africains qui permettent des gouvernances saines et de la justice sociale. Mais les solutions pérennes pour anéantir l’effondrement des nations africaines sont aussi la fraternité, la solidarité, l’intégrité, l’unité et la transmission de ces valeurs par l’éducation et la formation des élites. Ainsi, si nous partageons ces valeurs éthiques et républicaines, que nous les inscrivons au patrimoine culturel africain et que nous les mettons en place comme un rempart indestructible, nous pourrons contribuer à l’émergence de notre continent et à la renaissance africaine. Nous pourrons enfin entrer sur le grand échiquier économique et politique mondial qui mène assurément à la créativité.

Amadou Elimane Kane, écrivain poète, enseignant, fondateur de l’Institut Culturel Panafricain, lauréat du prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé 2016, catégorie poésie pour le caractère pédagogique de l’action poétique de l’ensemble de l’œuvre.

 

Amadou Elimane Kane, écrivain-poète, lauréat du Prix Fetkann Maryse Condé 2016 : "J'invite la jeunesse à s'approprier des récits de nos héroïnes"

Cet article est publié dans le journal Le Quotidien du 25 janvier 2017, rubrique Horizon  Aek 4

Ayant d’abord reçu en juin dernier le Prix du penseur de la souveraineté LEGS-AFRICA à Dakar puis en novembre à Paris, le prix littéraire FETKANN, Maryse Condé 2016 - Mémoires des pays du Sud, mémoire de l'humanité, dans la catégorie poésie avec une mention spéciale du jury pour le caractère pédagogique de l'action poétique de l'ensemble de l'œuvre, Amadou Elimane Kane, écrivain poète originaire du Sénégal, a terminé cette année 2016 en « beauté et en harmonie ». Auteur prolifique, protéiforme, et produisant une œuvre poétique, à la fois romanesque et pédagogique, il est devenu, en dix ans, un auteur majeur qui questionne en profondeur notre société africaine contemporaine et ses enjeux : la construction des États-Unis d’Afrique et la renaissance culturelle.  Par-delà, il s’interroge aussi sur les moyens de rétablir l’équilibre en refondant une civilisation véritablement tournée vers la justice et l’humanité. 

1- Vous venez de remporter le prix littéraire FETKANN, Maryse Condé 2016 - Mémoires des pays du Sud, mémoire de l'humanité, catégorie poésie avec une mention spéciale du jury pour le caractère pédagogique de l'action poétique de l'ensemble de l'œuvre sans oublier le Prix du penseur de la souveraineté de LEGS-AFRICA qui vous été remis en juin dernier ici au Sénégal. Qu'est-ce qui vous démarque des autres poètes-écrivains ?

Amadou Elimane Kane : C’est une reconnaissance qui me touche profondément et qui place mon travail dans une forme de responsabilité. Mais il faut savoir rester humble et être à la hauteur des attentes. J’essaie d’être constant dans mes combats et de poser ce qui non seulement me préoccupe mais convoque l’ensemble des réflexions humaines. Comme je ne triche pas avec moi-même, je continue à porter ce qui m’anime. Je continue d’être dans l’émulation, le travail car c’est cela qui importe. La remise du prix littéraire FETKANN, Maryse Condé et celui du penseur de la souveraineté de LEGS-AFRICA ont été des moments de forte émotion pour moi. C’est l’occasion de rencontrer les uns les autres pour cheminer encore vers la poésie, la littérature, l’humain et la vie et j’en suis très heureux. Au-delà de ces considérations, ces prix portent en eux des symboles qui me touchent et ils inscrivent mon travail dans la mémoire collective, ce qui est très important dans la démarche qui est la mienne. Par-delà, je souhaite que ce prix, et l’ensemble du travail que je mène, soit dédié à la jeunesse africaine, et en particulier à la jeunesse sénégalaise car nous avons besoin de transmettre notre patrimoine pour bâtir notre récit continental. Je crois beaucoup en la force de la jeunesse pour porter nos valeurs plurielles. La jeunesse doit se saisir de son histoire pour assurer cette continuité culturelle.

2- La question de la mémoire est évidemment au centre de vos écrits, que ce soient à travers la poésie, le romanesque ou le documentaire. De même, que l’on retrouve dans votre œuvre les questions panafricaines liées à l’histoire et à la culture. Qu’est-ce que vous voulez signifier à vos lecteurs ?

Amadou Elimane Kane : je crois fortement à l’empreinte du récit culturel. L’histoire africaine est une longue épopée souvent remarquable et je pense que les auteurs africains, y compris moi-même, devons travailler à bâtir notre propre récit pour rétablir ce que j’appelle la justice cognitive, c’est-à-dire de tenir de l’ensemble des trajectoires pour redéfinir les sociétés contemporaines. L’Afrique porte en elle une histoire très singulière dont les représentations sont encore erronées et il s’agit donc de rétablir la vérité pour ouvrir nos horizons et nos propres symboles culturels. Le continent africain a été trop souvent caricaturé par des hommes, des femmes qui n’aspiraient qu’à la conquête de celui-ci, donc notre récit identitaire, intime et culture a été bafoué. Il faut absolument le porter à la connaissance du monde. Lorsque j’écris, j’accorde une large place aux convictions que je porte en bandoulière qui sont celles de la justice dans son sens le plus large, celles du travail, de la connaissance, de la mémoire, et la question du récit culturel africain a donc toute sa place car c’est la vision que nous devons désormais porter comme renaissance culturelle. Je considère la notion de justice cognitive comme une valeur essentielle, une conception qui tient compte de l’ensemble des trajectoires culturelles, historiques, sociales et politiques. J’essaie de partager, à travers mes écrits, les valeurs humanistes que nous devons défendre partout, celles de la vérité, de la solidarité, de la fraternité, de la liberté, tout en refusant les enfermements, la pensée unique, le carcan idéologique. Alors bien sûr, quand je bâtis des récits, je parle de notre société, de l’histoire africaine, de notre longue histoire en essayant d’être juste, et toujours dans un souci de foudroyer les barbaries, qu’elles soient blanches, noires, jaunes, chocolat !

Pour revenir au prix Fetkann ! Maryse Condé, je le dédie aussi à la mémoire des femmes qui ont traversé l’histoire africaine, et au-delà l’histoire de l’Humanité, car on s’aperçoit que les combats de justice sont très souvent initiés par leur vision qui est celle d’une plus grande harmonie, détachée d’un certain nombre d’intérêts particuliers. Les femmes, de manière générale, savent mettre au centre le collectif et l’humain, en sacrifiant leurs propres désirs. En disant cela, je m’appuie sur l’histoire de quelques unes comme nos reines d’Afrique, Ndaté Yalla, Ndjombött Mbodj, la reine Zingha, la reine Pokou ou encore à la princesse Yannega, et plus proche de nous l’épopée des femmes de Nder qui se sont opposées à l’esclavage maure. J’invite d’ailleurs la jeunesse à s’approprier tous ces récits qui sont fondateurs de notre histoire culturelle. Très prochainement, je vais publier un roman intitulé Rokhaya Diop, la négresse fondamentale qui déplie le temps. C’est un récit consacré à un personnage, une héroïne qui, selon moi, incarne le monde de demain, celui d’une justice humaine plus grande, à travers la vision d’une femme qui saisit tous les possibles pour foudroyer les appartenances étriquées qui ne cherchent qu’à étouffer le monde culturel noir.

3- À propos de vos engagements militants autour du panafricanisme, quelles sont, selon vous, les décisions majeures à engager à l’aube de cette année 2017.

Amadou Elimane Kane : Mon vœu le plus cher est de continuer à œuvrer pour la construction des États-Unis d’Afrique. La renaissance culturelle, la reconnaissance du patrimoine historique et social africain passe aussi par une union politique et économique qui doit engager les hommes d’États, les citoyens et la nouvelle génération en particulier. Selon moi, le défi, c’est de construire notre unité continentale et de bâtir les Etats-Unis d’Afrique et cela ne se fera pas sans la jeunesse. Je crois beaucoup aussi à l’action des femmes car je défends leur volonté, leur intelligence pour former une sorte d’équilibre qui ne soit pas unilatéralement masculin. Si nous voulons rétablir la justice sociale, nous devons former une unité stable et forte au sein de la société toute entière, avec des vraies mesures de changement et de conduite gouvernementale. Oui, encore une fois, je dénonce toutes les injustices car c’est la question humaine qui doit demeurer au centre. Et les injustices sont colossales, que ce soit au Sénégal ou un peu partout dans le monde. Je suis poète avant tout mais je suis aussi un homme engagé et je ne peux pas faire semblant de ne pas voir ce que les hommes, les femmes, les enfants subissent à chaque crise, à chaque conflit. L’humanité est constamment prise en otage, liée aux manipulations, aux exactions, aux combines, aux profits à outrance qui foudroient les valeurs essentielles comme la santé, l’école, la dignité, pour parler de la situation sociale au Sénégal, par exemple. Car je le rappelle encore et toujours, cette dérive inhumaine, ou les actes de corruption et de népotisme ne sont pas inscrits dans nos valeurs démocratiques, et ce depuis des millénaires. Alors j’essaie, par les moyens qui sont les miens, c’est-à-dire les mots, la littérature et les actes que je pose, de combattre les mensonges, les injustices immondes pour replacer au centre ce qui doit prévaloir pour l’harmonie des êtres et du monde contemporain. Je pense que nous devons vraiment œuvrer pour la renaissance africaine et que celle-ci passe par un rétablissement de nos valeurs culturelles, créatrices, fécondes qui soient tournées vers le beau et le progrès.

Propos recueillis par Gilles Arsène TCHEDJI